Culture Scientifique et Technique

Cycle de conférence 2022

Cycle de conférence 2022

Connaissances scientifiques et croyances

 

La crise sanitaire a mis en évidence un rapport des citoyens aux connaissances scientifiques particulier.
Comme le souligne Sylvestre Huet et Michèle Leduc « (…) alors que l’information scientifique n’a jamais été aussi abondante, le public de son côté n’a jamais été aussi curieux de science. Chaque individu tend à se forger une opinion sur n’importe quel sujet lié à la pandémie.

La parole des experts authentiques ne fait plus autorité et fait souvent l’objet de violentes oppositions sur les réseaux sociaux (…) » (https://www.lemonde.fr/blog/huet/2021/03/01/experts-medias-crise-sanitaire/).

 

Se pose ainsi la question de la production des connaissances scientifiques : lorsqu’une nouvelle théorie ou un nouveau phénomène apparaît, il est d’abord soumis à une évaluation serrée et critique : les discussions entre chercheurs sont pleines de controverses. Ce n’est que lorsque les faits auront passé avec succès les différentes épreuves et controverses qu’ils pourront être dits objectifs.

 

Le processus de production scientifique est donc une construction : des échanges entre chercheurs et laboratoires à sa diffusion grand public en passant par l’écriture d’articles dans les revues spécialisées. On comprend dès lors que lorsqu’un texte scientifique sort de la communauté qui l’a produit, on assiste à une pluralité de traductions en fonction de publics différents (Philippe J., Wallenborn G, 2005)

 

C’est dire qu’un écart se creuse entre les conditions de production et les conditions de réception des connaissances scientifiques.

 

La mise en visibilité soudaine des controverses entre scientifiques sur la Covid-19, le décalage entre différentes temporalités (scientifique, politique et médiatique), le développement des réseaux sociaux, le lien entre croyances et connaissances scientifiques, le rapport entre les sciences, le politique et la citoyenneté, autant de thèmes qui seront déclinés lors du cycle de conférences.

 

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Science, démocratie

et transhumanisme

 

26 avril 2022 - 18h30 - 20h30

Au Muséum d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement (MOBE)

 

Entrée libre
(dans la limite des places disponibles et dans le respect des mesures sanitaires gouvernementales en vigueur)

 

 

  Le transhumanisme est un courant idéologique qui promeut la modification de l'être humain par la technologie.

Il s'appuie sur les produits de l'activité techno-scientifique pour porter un discours sur le futur de l'humanité : allongement indéfini de la durée de vie en bonne santé, exponentiation des capacités cognitives par hybridation avec l'intelligence artificielle, "super-abondance" de l'énergie, des ressources et des biens matériels, etc.

 

Pour autant, les thuriféraires de ce mouvement, du moins ceux qui adhèrent officiellement aux associations transhumanistes, telles Humanity+ aux Etats-Unis d'Amérique ou l'AFT Technoprog! en France, ne sont pas eux-mêmes, à quelques rares exceptions près, des scientifiques ou des ingénieurs en activité dans des institutions académiques.

 

A ce titre, le courant transhumaniste opère donc une récupération des résultats de la recherche pour nourrir un discours idéologique et socio-politique. Dans le même temps, en dehors des associations transhumanistes, on observe la présence de thématiques transhumanistes dans les discours de certains dirigeants d'acteurs techno-industriels de premiers plan (Google, Tesla, PayPal, etc.) dont on se demandera si leur adhésion à la rhétorique transhumaniste ne vaut que dans la mesure où elle sert leurs intérêts entrepreneuriaux.

 

Plus fondamentalement, si le transhumanisme se veut être un mouvement de libération de l'être humain en l'extrayant de sa finitude biologique, nous interrogerons sa dimension normative comme conséquence d'une vision du monde centrée sur l'individu, médiée par la technologie et qui porte en elle le ferment d'une anti-démocratie.

 

Conférencier :  Edouard Kleinpeter est ingénieur de recherche au CNRS.

Physicien de formation, il a ensuite suivi un cursus de philosophie des sciences avant d'intégrer le CNRS en 2009. Il y a travaillé aux côtés du philosophe Jean-Michel Besnier sur la thématique de l'augmentation humaine et, en particulier, du transhumanisme, des discours qui lui sont attachés et des problématiques qu'ils soulèvent. Il a dirigé en 2013 l'ouvrage "L'Humain augmenté" (CNRS Editions) sur ce sujet.

Depuis 2017, il est ingénieur informaticien au laboratoire Bordeaux Science Économique. Il poursuit ses travaux sur le transhumanisme à l'interface entre philosophie, informatique et économie.

 

 

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La Science entre info et infox



La science repose sur l’analyse de faits permettant l’élaboration de théories qui tendent à la généralisation et permettent des prédictions. Elle n’est pas exempte d’erreurs et d’approximations, d’autant plus que les faits sont issus d’expériences complexes.

 

Dans un monde où le flot d’information est constant, il devient difficile de mesurer la véracité de chaque information ce qui revient à faire confiance à la source de l’information.

 

Cette question de la confiance est essentielle quand on voit la succession des différents discours sanitaires où la parole des médecins est mise en doute.

 

Il y a toujours eu des théories du complot, des fake news ou des mensonges, ce n'est pas un phénomène nouveau. Ce qui change aujourd'hui, c'est la manière avec laquelle nous accédons à l'information, qui passe majoritairement par le numérique. Le problème, c'est que les fake news ont pris la place de l'information sérieuse, au sens traditionnel du terme.

 

 

Conférencier : Thomas Huchon, journaliste, auteur et réalisateur, s’est fait une spécialité de décrypter les fake news et les théories complotistes. Il participe à une émission sur LCI, « le Club anti-complot » tous les vendredis à 17h.

 

 

 

 

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